Retour à Vivre à GrasseRéglementation

DPE 2026 : ce qui change pour vendre ou acheter à Grasse

10 juillet 2026 14 min

Mis à jour le 10 juillet 2026

DPE 2026 : ce qui change pour vendre ou acheter à Grasse

À Grasse, cette réforme a un impact particulièrement fort. Le parc immobilier grassois est marqué par son histoire : bastides en pierre aux murs épais, appartements de caractère dans le centre historique, villas des années 70 à 90 sur les collines de Magagnosc ou Plascassier. Beaucoup de ces biens sont chauffés à l'électricité, faute de réseau de gaz de ville dans certains quartiers. Résultat : ils étaient pénalisés par l'ancien coefficient et se retrouvaient parfois classés F ou G alors que leur confort réel était tout à fait acceptable.

Chez Mas Terra Immobilier, nous accompagnons les propriétaires et acquéreurs du pays de Grasse depuis 2007. Cette réforme du DPE est l'une des évolutions réglementaires les plus significatives de ces dernières années pour le marché local. Voici ce qu'elle change concrètement, ce qui reste inchangé, et comment en tirer le meilleur parti pour votre projet immobilier.

Le parc grassois face au DPE 2026 : la photo réelle

Grasse compte environ 26 500 logements pour près de 50 000 habitants (INSEE, 2021). Le parc y est plus ancien que la moyenne des Alpes-Maritimes : près de 45 % des résidences principales ont été construites avant 1970, contre 38 % en moyenne départementale. Le chauffage électrique est ultra-dominant, nous l'observons sur la grande majorité de notre portefeuille, car le réseau de gaz de ville ne dessert historiquement qu'une partie du centre et de la basse ville. Cette combinaison « bâti ancien + tout-électrique » est précisément celle que la réforme du coefficient 1,9 vient corriger le plus fortement.

Sur notre portefeuille actuel (mandats de vente à Grasse et communes limitrophes avec DPE renseigné), la répartition est la suivante : environ 22 % de biens en classes A-B, 62 % en C-D, et seulement 15 % en E-F, avec aucun bien classé G. C'est beaucoup mieux que la moyenne du parc grassois « dormant » (biens non mis en vente), où l'Observatoire national de la rénovation énergétique estime que 15 à 20 % du parc reste en F+G dans les Alpes-Maritimes. Traduction : les vendeurs qui passent par une agence rénovent ou anticipent le DPE avant la mise en vente. Ceux qui vendent en direct laissent souvent 5 à 15 % de valeur sur la table.

≈ 26 500

logements à Grasse (INSEE), dont près de 45 % construits avant 1970. C'est le parc le plus concerné par la réforme du coefficient 1,9.

Source : INSEE, Recensement

Ce qui change au 1er janvier 2026

22 / 62 / 15 %

Répartition A-B / C-D / E-F sur les mandats actuels Mas Terra à Grasse (aucun G). Un bien vendu via agence est en moyenne 2 classes au-dessus du parc dormant.

Source : Portefeuille Mas Terra Immobilier, juillet 2026

Le coefficient de conversion de l'électricité passe de 2,3 à 1,9

Pour comprendre cette réforme, il faut revenir à un concept simple. Le DPE mesure la consommation d'énergie primaire d'un logement, c'est-à-dire l'énergie totale nécessaire pour produire et acheminer l'énergie que vous consommez chez vous. Quand vous consommez 1 kWh d'électricité à la maison (énergie finale), il fallait jusqu'ici considérer que 2,3 kWh d'énergie primaire avaient été mobilisés en amont, notamment à cause des pertes lors de la production et du transport.

Ce coefficient de 2,3 datait de 2006. Depuis, le mix électrique français a évolué : la part du nucléaire et des énergies renouvelables a progressé, les pertes en ligne ont diminué. Le nouveau coefficient de 1,9 reflète cette réalité mise à jour. Il a été officialisé par l'arrêté du 25 mars 2025.

En pratique, cela signifie qu'un logement tout-électrique qui consommait, selon l'ancien calcul, 350 kWh/m²/an en énergie primaire (classe F) pourrait désormais se retrouver autour de 290 kWh/m²/an, soit en classe E voire D selon les cas. La consommation réelle du logement n'a pas changé : c'est la règle de calcul qui a été ajustée.

À l'échelle nationale, le gouvernement estime qu'environ 850 000 logements sortent du statut de passoire thermique (classes F et G) grâce à ce seul changement de coefficient. C'est considérable.

Ce que ça change concrètement à Grasse

≈ 850 000

logements sortent du statut de passoire thermique en France grâce au nouveau coefficient 2026, sans le moindre travaux.

Source : Estimation ministère de la Transition écologique

Grasse présente un profil immobilier qui rend cette réforme particulièrement pertinente. Le centre historique, avec ses immeubles du XVIIe et XVIIIe siècle, abrite des appartements souvent chauffés par des convecteurs électriques. Les bastides et mas traditionnels de la périphérie, qu'ils soient sur les hauteurs du Rouret, dans le vallon de Magagnosc ou sur le plateau de Plascassier, sont eux aussi fréquemment équipés de chauffage électrique, parfois complété par un insert ou un poêle à bois.

Avec l'ancien coefficient de 2,3, nombre de ces logements se retrouvaient classés E, F ou G alors que leurs murs épais en pierre assuraient une inertie thermique correcte et que les hivers grassois restent relativement doux. Le passage à 1,9 rétablit en partie la situation : un bien classé F pourra basculer en E, un bien en E pourra atteindre D.

En termes de prix, le marché grassois affiche un prix médian de 3 746 €/m² toutes typologies confondues, avec 3 494 €/m² pour les appartements et 4 205 €/m² pour les maisons. Or, la décote appliquée aux passoires thermiques est estimée entre 5 et 15 % selon les études notariales. Un logement qui sort du statut de passoire grâce au nouveau coefficient récupère mécaniquement une partie de cette valeur sans le moindre euro de travaux.

Grasse n'est pas Cannes : le climat compte dans le calcul

Grasse vs Cannes : la double peine climatique

Grasse (325 m)Cannes (littoral)
DJU annuel moyen~ 1 750~ 1 350
Consommation type T3 tout-élec~ 220 kWh/m²/an~ 175 kWh/m²/an
Classe DPE type (avant réforme)E / FD / E
Impact réforme coef 1,9Gain +1 classe fréquentGain marginal

Le DPE utilise la méthode 3CL, qui applique des coefficients climatiques régionaux (degrés-jours unifiés, DJU). Grasse, à 325 mètres d'altitude, connaît des hivers nettement plus frais que le littoral cannois situé 15 km plus bas : environ 1 700 à 1 800 DJU en moyenne annuelle contre 1 300 à 1 400 à Cannes. Concrètement, à surface, isolation et chauffage identiques, un logement grassois consomme 15 à 25 % de plus qu'un logement cannois, et sort avec une lettre de DPE souvent moins favorable.

Cette réalité pénalise particulièrement les biens des hauteurs de Magagnosc, du Rouret ou de Châteauneuf-Grasse où l'altitude peut monter à 400-500 m. C'est aussi la raison pour laquelle la réforme du coefficient 1,9 profite davantage à Grasse qu'aux communes littorales : les logements grassois chauffés à l'électrique sur-consommaient en énergie primaire à cause de la double pénalité (climat + coefficient élevé). En rétablissant le coefficient, la réforme corrige de fait une partie de cette double peine.

Ce qui ne change PAS avec la réforme

Il serait tentant de voir cette réforme comme un coup de baguette magique. Mais plusieurs points restent strictement inchangés, et il est important de les avoir en tête.

Le calendrier d'interdiction de location des passoires thermiques est maintenu. Les logements classés G sont interdits à la location depuis le 1er janvier 2025. Les logements F le seront au 1er janvier 2028 et les E au 1er janvier 2034. Si votre bien reste classé F ou G après recalcul avec le nouveau coefficient, vous êtes toujours concerné par ces échéances.

La qualité réelle du bâtiment ne change pas non plus. Le nouveau coefficient améliore la note sur le papier, mais votre isolation, vos fenêtres, votre système de chauffage et votre ventilation restent exactement les mêmes. Un logement qui souffrait de déperditions thermiques importantes continuera d'être inconfortable et coûteux à chauffer. L'étiquette DPE n'est qu'un indicateur : elle ne remplace pas un diagnostic approfondi de l'état réel du logement.

Enfin, l'audit énergétique réglementaire reste obligatoire pour la vente de tout logement classé F ou G (mono-propriété). Il fait partie du Dossier de Diagnostic Technique obligatoire pour vendre. Cette obligation est en vigueur depuis le 1er avril 2023 et ne dépend pas du coefficient de conversion. Si le nouveau DPE fait passer votre bien de G à F, vous restez soumis à l'audit. Ce n'est qu'en passant en E ou mieux que vous en seriez dispensé.

Le calendrier des interdictions de location

Le calendrier défini par la loi Climat et Résilience du 22 août 2021 constitue la colonne vertébrale de la politique énergétique appliquée au logement. Voici les échéances à retenir :

  • Depuis le 1er janvier 2025 : les logements classés G ne peuvent plus faire l'objet d'un nouveau bail ou d'un renouvellement de bail. Les baux en cours restent valides, mais le locataire peut exiger la mise en conformité.
  • Au 1er janvier 2028 : la même interdiction s'étendra aux logements classés F. Les propriétaires bailleurs de biens F ont donc moins de deux ans pour agir : réaliser des travaux, demander un nouveau DPE avec le coefficient 1,9 si le bien est chauffé à l'électricité, ou envisager une vente.
  • Au 1er janvier 2034 : les logements classés E seront à leur tour concernés. Cette échéance paraît lointaine, mais les travaux de rénovation globale prennent du temps à planifier et à réaliser.

Pour les propriétaires bailleurs de Grasse et du pays de Grasse, la stratégie dépend du classement actuel. Si votre bien est classé G et chauffé à l'électricité, faites refaire le DPE immédiatement : le passage à F voire E vous redonne une marge de manoeuvre précieuse. Si votre bien est classé F avec chauffage au gaz ou au fioul, le nouveau coefficient ne vous aidera pas et il faudra envisager des travaux avant 2028.

Dans tous les cas, nous recommandons de ne pas attendre le dernier moment. Les artisans RGE du bassin grassois sont de plus en plus sollicités, et les délais de réalisation s'allongent.

Audit énergétique obligatoire : ne pas confondre avec le DPE

La confusion entre DPE et audit énergétique est fréquente. Pourtant, ces deux documents n'ont ni le même objet, ni le même coût, ni la même portée.

Le DPE est un diagnostic standardisé qui attribue une note de A à G au logement en fonction de sa consommation d'énergie primaire et de ses émissions de gaz à effet de serre. Il coûte entre 150 et 350 € et est obligatoire pour toute vente ou mise en location. Sa durée de validité est de 10 ans.

L'audit énergétique est un document beaucoup plus complet. Il analyse en détail les caractéristiques thermiques du bâtiment et propose au moins deux scénarios de travaux chiffrés pour améliorer la performance énergétique du logement, avec un objectif de gain d'au moins deux classes. Il coûte entre 500 et 1 000 € selon la taille et la complexité du bien.

L'audit énergétique est obligatoire depuis le 1er avril 2023 pour la vente de maisons individuelles et de logements en monopropriété classés F ou G. Il sera étendu aux biens classés E à partir du 1er janvier 2025 (déjà en vigueur).

Si le nouveau coefficient de 2026 fait passer votre bien de G à E, vous n'êtes plus soumis à l'obligation d'audit pour la vente. C'est un avantage concret : vous économisez entre 500 et 1 000 € de frais de diagnostic et vous simplifiez la mise en vente. Toutefois, un audit reste un outil précieux pour valoriser un bien et rassurer les acquéreurs, même lorsqu'il n'est pas obligatoire.

Quartier par quartier : où la réforme change vraiment la donne

Grasse est une commune très hétérogène. La réforme du DPE ne produit pas les mêmes effets selon que votre bien se trouve dans une ruelle du vieux Grasse, sur une parcelle de bastide à Magagnosc ou dans un lotissement pavillonnaire de Saint-Antoine. Voici ce que nous observons quartier par quartier.

Centre historique et vieille ville

Immeubles XVIIe-XVIIIe siècle, escaliers en pierre, appartements traversants ou mono-orientés. Beaucoup de biens étaient classés E, F ou G à cause de convecteurs électriques anciens et de simples vitrages conservés pour raisons ABF. Avec le nouveau coefficient, on observe une amélioration typique d'une lettre pour les biens tout-électrique. Attention : l'isolation par l'extérieur reste interdite en secteur SPR, la marge de progression réelle passe donc par le remplacement du chauffage (pompe à chaleur intérieure, radiateurs à inertie) et la VMC.

Saint-Jacques, Saint-Christophe, quartier des Anglais

Résidences des années 1960-1990, majoritairement chauffées à l'électrique. Ce sont les biens qui profitent le plus mécaniquement de la réforme : nombre de T3-T4 classés F basculent en E, quelques G bien orientés atteignent la classe E après recalcul + isolation des combles. C'est ici que la fenêtre 2026 est la plus intéressante pour les bailleurs qui voulaient vendre avant l'échéance 2028.

Magagnosc, Plascassier, Saint-Mathieu

Bastides, mas provençaux, villas néo-provençales des années 1970-2000. Le chauffage est souvent mixte (pompe à chaleur + insert bois, parfois convecteurs d'appoint). Les DPE étaient déjà relativement corrects (C à E), la réforme apporte un gain marginal mais utile pour sortir de E vers D, ce qui est précieux pour valoriser à la revente. Les biens de plus de 300 m² restent pénalisés par la surface à chauffer.

Le Plan-de-Grasse, Saint-Antoine, Route de Cannes

Pavillonnaire des années 1970-1990, souvent tout-électrique avec chauffage au sol de génération ancienne. Gain typique d'une classe avec la réforme. C'est le tissu où les propriétaires ont le plus de latitude pour engager des travaux visibles (ITE possible car pas en secteur ABF) qui, combinés à la réforme, permettent un saut de deux classes.

Communes voisines : Le Rouret, Opio, Châteauneuf, Bar-sur-Loup

Villas contemporaines et maisons de village. Les biens récents (post-RT 2012) sont déjà en A-B et ne sont pas concernés. Les maisons de village en pierre subissent la même problématique que le centre de Grasse (contraintes patrimoniales, tout-électrique). Le Rouret et Opio ont plus de biens en gaz propane citerne, qui ne bénéficient pas de la réforme.

MaPrimeRénov' 2026 : financer sa rénovation

Que votre bien ait gagné une classe grâce au nouveau coefficient ou qu'il reste en passoire thermique, la question des travaux de rénovation énergétique se pose tôt ou tard. MaPrimeRénov' reste en 2026 le dispositif central de financement.

Parcours par geste : des travaux ciblés

Ce parcours finance des interventions isolées : remplacement d'un système de chauffage, isolation des combles, pose de fenêtres double vitrage, installation d'une VMC. Il est adapté aux propriétaires qui souhaitent améliorer un point précis de leur logement sans engager une rénovation globale.

Les montants de prise en charge varient selon les revenus du ménage et la nature des travaux. À titre indicatif, l'installation d'une pompe à chaleur air-eau peut être financée à hauteur de 4 000 à 5 000 € pour les ménages aux revenus intermédiaires, et jusqu'à 11 000 € pour les ménages très modestes.

Parcours accompagné (rénovation d'ampleur)

Ce parcours vise une rénovation globale permettant un gain d'au moins deux classes énergétiques. Il impose le recours à un Accompagnateur Rénov' (MAR) et prend en charge une part significative des travaux :

  • Ménages aux revenus très modestes : jusqu'à 90 % du montant des travaux (plafonné)
  • Ménages aux revenus modestes : jusqu'à 75 %
  • Ménages aux revenus intermédiaires : jusqu'à 60 %
  • Ménages aux revenus supérieurs : jusqu'à 40 %

Pour un bien grassois typique, voici quelques ordres de grandeur de coûts de travaux avant aides :

  • Isolation des combles perdus : 20 à 50 €/m², soit 1 500 à 4 000 € pour une maison de 80 m² au sol
  • Isolation des murs par l'intérieur : 50 à 90 €/m² de mur traité
  • Pompe à chaleur air-eau : 8 000 à 15 000 € pose comprise
  • Remplacement des fenêtres en double vitrage : 500 à 1 000 € par fenêtre selon les dimensions
  • VMC double flux : 4 000 à 8 000 € pose comprise

Pour les bastides et maisons de caractère du pays de Grasse, l'isolation par l'extérieur est souvent difficile en raison des contraintes architecturales. L'isolation par l'intérieur et le remplacement des menuiseries restent les leviers les plus accessibles. Dans le centre historique de Grasse, classé en secteur protégé, les travaux de façade sont soumis à l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France, ce qui impose des choix techniques spécifiques.

Aides locales : ce que la CAPG et la Région Sud ajoutent

MaPrimeRénov' n'est pas la seule ressource pour un propriétaire grassois. La Communauté d'Agglomération du Pays de Grasse (CAPG) opère un Service Public de la Rénovation de l'Habitat. Son guichet Rénov'Habitat 06 est gratuit. Il accompagne le montage des dossiers et vérifie l'éligibilité aux aides cumulables.

La Région Sud PACA finance en complément le « Chèque énergie » régional pour les ménages modestes. Elle propose aussi des prêts à taux zéro pour la rénovation via son dispositif Rénover+. Le Département des Alpes-Maritimes intervient pour les propriétaires occupants les plus modestes via des aides ANAH majorées. Enfin, l'éco-PTZ (jusqu'à 50 000 € pour une rénovation d'ampleur) reste cumulable avec MaPrimeRénov'.

Notre conseil : passez systématiquement par le guichet Rénov'Habitat 06 avant tout devis. C'est gratuit et cela évite les erreurs d'ordre de sollicitation des aides qui font perdre plusieurs milliers d'euros.

Votre parcours rénovation dans le pays de Grasse

  1. 1

    Rendez-vous gratuit avec Rénov'Habitat 06 (CAPG)

    Point de départ obligatoire pour ne pas se tromper d'ordre de sollicitation des aides. Le conseiller vérifie votre éligibilité et vous oriente vers un Accompagnateur Rénov' (MAR) agréé si nécessaire.

  2. 2

    DPE et audit énergétique

    Commandez le nouveau DPE au coefficient 1,9. Si vous restez en F ou G, l'audit devient obligatoire pour vendre et utile pour prioriser les travaux.

  3. 3

    3 devis d'artisans RGE locaux

    Exigez la mention RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) : sans elle, pas d'aides. Mas Terra peut vous orienter vers son réseau grassois.

  4. 4

    Montage du dossier MaPrimeRénov' + CEE + éco-PTZ

    Ordre à respecter : d'abord MaPrimeRénov' + CEE (le MAR s'en charge en parcours accompagné), puis éco-PTZ en banque une fois les aides validées.

  5. 5

    Réalisation et contrôle

    Contrôle par le MAR à mi-parcours et en fin de chantier. Une fois les travaux réceptionnés, refaites un DPE de contrôle : la nouvelle étiquette est votre argument de vente ou de mise en location.

Site Patrimonial Remarquable : les règles à connaître avant de rénover

Le centre historique de Grasse est classé Site Patrimonial Remarquable (SPR) depuis 2019. Un Plan de Valorisation de l'Architecture et du Patrimoine (PVAP) est en cours d'élaboration. Toute intervention sur les parties visibles du bâti est soumise à l'avis conforme de l'Architecte des Bâtiments de France. Sont concernées : la façade, la toiture, les menuiseries, les garde-corps et les devantures.

En pratique, cela signifie que certains gestes classiques de la rénovation énergétique sont interdits ou strictement encadrés. Pas d'isolation par l'extérieur (ITE) sur façade en pierre apparente ou enduit à la chaux. Pas de PVC blanc pour les menuiseries. Pas de panneaux photovoltaïques visibles depuis l'espace public.

Les alternatives existent : isolation intérieure en chaux-chanvre ou fibre de bois, double vitrage sur menuiseries bois à l'identique, pompe à chaleur intérieure (invisible depuis la rue). Elles coûtent 20 à 40 % plus cher qu'une rénovation standard.

À budgéter dès la phase projet. Si vous êtes vendeur, intégrez cette contrainte dans le prix de vente : un bien en SPR se négocie en général avec une décote de 5 à 10 % par rapport à un bien équivalent hors secteur, précisément à cause de ces contraintes.

Impact sur le marché immobilier grassois

Pour les vendeurs : une opportunité à saisir

Si vous êtes propriétaire d'un bien chauffé à l'électricité et classé F ou G, la réforme du coefficient est une aubaine. Faites refaire votre DPE avec le nouveau calcul. Si votre bien gagne une ou deux classes, vous récupérez immédiatement de la valeur : un appartement qui passe de G à E dans le centre de Grasse voit sa perception par les acquéreurs changer radicalement. Il sort de la catégorie des passoires thermiques et redevient finançable dans des conditions normales par les banques.

Même si votre bien reste en F après recalcul, le nouveau DPE peut jouer en votre faveur en montrant une consommation plus proche du seuil E, ce qui réduit le montant des travaux perçus par l'acheteur et donc la décote qu'il appliquera dans sa négociation.

Pour les acquéreurs : un marché qui s'ouvre

Côté acheteurs, la réforme élargit le champ des possibles. Des biens qui étaient jusqu'ici classés passoires thermiques et suscitaient la méfiance retrouvent une étiquette plus favorable. Pour un primo-accédant qui cherche un appartement à rénover dans le centre de Grasse ou une petite bastide à Magagnosc, c'est une bonne nouvelle : le panel de biens accessibles s'élargit et les négociations seront moins tendues sur la question énergétique.

Attention toutefois à ne pas se fier uniquement à la nouvelle étiquette. Le coefficient a changé, mais l'état réel du logement reste le même. Demandez systématiquement le détail du DPE, et si le bien était classé F ou G avant la réforme, interrogez-vous sur les travaux qui resteraient pertinents pour votre confort au quotidien.

Pour les propriétaires bailleurs : un répit bienvenu, mais temporaire

Les bailleurs dont le bien passe de G à F ou de F à E grâce au nouveau coefficient gagnent du temps. Un logement qui sort de la classe G redevient louable immédiatement. Un logement qui passe de F à E repousse l'échéance d'interdiction de location de 2028 à 2034.

Ce répit ne doit pas être un prétexte à l'inaction. Les échéances restent en place, et les locataires sont de plus en plus attentifs à la performance énergétique de leur logement. Planifier des travaux progressifs, par exemple en remplaçant d'abord le chauffage puis en isolant les combles, reste la stratégie la plus prudente pour sécuriser votre investissement locatif sur le long terme.

Bastides et biens de caractère : des cas particuliers

Le pays de Grasse est riche en bastides, mas provençaux et villas de caractère. Ces biens présentent des spécificités qui méritent une approche sur mesure. Les murs en pierre épais offrent une bonne inertie thermique en été comme en hiver, ce que le DPE a tendance à sous-évaluer. En revanche, les ouvertures anciennes, la ventilation naturelle et les planchers peuvent constituer des points de déperdition importants.

Pour ces biens, la réforme du coefficient peut suffire à améliorer sensiblement la note. Mais si des travaux sont nécessaires, privilégiez les interventions respectueuses du caractère du bâtiment : isolation des combles, remplacement des menuiseries dans le respect du style existant, installation d'une pompe à chaleur discrète. L'objectif est de conjuguer performance énergétique et préservation du patrimoine architectural, un enjeu central pour les acquéreurs qui recherchent l'authenticité grassoise.

Deux exemples types observés dans le pays de Grasse

Les cas ci-dessous sont des situations types représentatives de mandats que nous traitons régulièrement à Mas Terra. Les chiffres correspondent à des ordres de grandeur observés dans le pays de Grasse. Chaque bien reste évidemment un cas particulier.

Exemple 1 : bastide 180 m² à Magagnosc, chauffage électrique

Bastide en pierre des années 1960 sur 2 500 m² de terrain, chauffée à l'électrique avec insert bois. DPE 2023 en classe F (315 kWh/m²/an). Recalcul avec le coefficient 1,9 : passage en classe E autour de 265 kWh/m²/an. Sortie du statut de passoire thermique, dispense d'audit énergétique réglementaire, meilleure perception acheteur. Sur ce type de bien, le passage de F à E se traduit en général par une négociation moins agressive (15 000 à 25 000 € de gain sur un prix affiché à 750 000 €).

Exemple 2 : T3 60 m² centre historique, convecteurs électriques

Appartement au 3e étage sans ascenseur, rue étroite du vieux Grasse, murs pierre + convecteurs anciens + simple vitrage (ABF impose la conservation des menuiseries bois). DPE 2024 en classe F (295 kWh/m²/an). Recalcul avec coefficient 1,9 : passage à 245 kWh/m²/an, toujours en classe F (seuil E = 250). Stratégie retenue : commander l'audit énergétique préventif (700 €), chiffrer le remplacement des convecteurs par radiateurs à inertie + VMC hygro B (5 500 €), présenter le tout à l'acheteur avec dossier travaux clé en main. Résultat : négociation encadrée, vente au prix moins les 5 500 € de travaux plutôt qu'une décote perçue de 20 000 €.

Checklist vendeur : préparer son bien en 2026

Si vous envisagez de vendre un bien à Grasse ou dans le pays de Grasse, voici les étapes clés pour tirer parti de la réforme du DPE :

  • Faites réaliser un nouveau DPE avec le coefficient 1,9 si votre bien est chauffé à l'électricité et que votre DPE actuel date de plus d'un an. Le coût (150 à 350 €) est largement compensé par le gain potentiel en valeur.
  • Vérifiez si l'audit énergétique réglementaire est obligatoire. Il l'est pour les biens classés F ou G en monopropriété. Si le nouveau DPE fait passer votre bien en E, vous en êtes dispensé.
  • Rassemblez vos factures de travaux d'amélioration : isolation, fenêtres, chauffage. Elles permettent au diagnostiqueur d'affiner son calcul et peuvent améliorer la note.
  • Estimez le coût des travaux restants pour atteindre la classe D ou C. Présentez ce chiffrage aux acquéreurs : cela montre votre transparence et facilite la négociation.
  • Faites estimer votre bien par un professionnel local qui connaît l'impact du DPE sur les prix à Grasse. Chez Mas Terra Immobilier, nous proposons une estimation gratuite intégrant l'analyse énergétique.
  • Ne retardez pas la mise en vente en attendant une hypothétique prochaine réforme. Le marché est favorable aux biens correctement positionnés en prix, et les acquéreurs sont actifs dans le pays de Grasse.

Checklist acheteur : les bons réflexes en 2026

Si vous cherchez à acheter un bien à Grasse, Le Rouret, Magagnosc, Plascassier ou dans les communes voisines, voici les points de vigilance liés au DPE :

  • Demandez la date du DPE. S'il a été réalisé avant le 1er janvier 2026, la note peut être meilleure avec un recalcul au coefficient 1,9. Demandez au vendeur de le faire refaire ou intégrez cette information dans votre négociation.
  • Lisez le détail du DPE, pas seulement la lettre. La consommation en kWh/m²/an, les postes de déperdition, le type de chauffage et les recommandations de travaux sont des informations précieuses pour votre projet.
  • Si le bien est classé F ou G, exigez l'audit énergétique réglementaire. Il vous fournit des scénarios de travaux chiffrés qui vous aideront à budgéter votre rénovation.
  • Renseignez-vous sur les aides disponibles avant de faire votre offre. MaPrimeRénov', les CEE (Certificats d'Économies d'Énergie), l'éco-PTZ et les aides locales peuvent financer une part significative des travaux. Si vous êtes primo-accédant, le PTZ peut compléter votre financement.
  • Faites-vous accompagner par un agent immobilier qui connaît les spécificités locales. À Grasse, les contraintes liées au secteur protégé du centre historique, les caractéristiques des bastides et la topographie vallonnée influencent directement la faisabilité et le coût des travaux de rénovation.
  • Pensez à long terme. Un bien classé E aujourd'hui sera soumis à de nouvelles contraintes en 2034 pour la location. Si vous achetez dans une optique d'investissement locatif, visez une rénovation qui vous amène au minimum en D, idéalement en C.

Votre projet immobilier à Grasse mérite un accompagnement sur mesure

La réforme du DPE 2026 est une bonne nouvelle pour une grande partie des propriétaires grassois, mais elle ne dispense pas d'une analyse fine de chaque situation. Entre le nouveau coefficient, le calendrier des interdictions de location, les aides à la rénovation et les réalités du marché local, les paramètres à intégrer sont nombreux.

Chez Mas Terra Immobilier, nous accompagnons les vendeurs et les acquéreurs du pays de Grasse depuis 2007. Nous connaissons chaque quartier, chaque type de bien, et nous suivons au quotidien l'évolution de la réglementation et des prix. Que vous souhaitiez vendre un bien dont le DPE vient de s'améliorer, acheter un logement à rénover, ou faire le point sur votre investissement locatif, nous sommes à vos côtés pour vous aider à prendre la meilleure décision.

Contactez-nous pour une estimation gratuite et sans engagement de votre bien, ou pour échanger sur votre projet d'achat à Grasse et dans le pays de Grasse.

Sources et références

Arrêté du 25 mars 2025 modifiant la méthode de calcul du DPE (coefficient d'énergie primaire de l'électricité).

Loi Climat et Résilience du 22 août 2021 (calendrier des interdictions de location).

Observatoire national de la rénovation énergétique (ADEME / SDES) : répartition des classes DPE par région.

INSEE, Recensement de la population, commune de Grasse (06069).

France Rénov' : barèmes MaPrimeRénov' 2026.

Rénov'Habitat 06 (guichet CAPG).

Base de données DVF (Demandes de Valeurs Foncières), analyse Mas Terra Immobilier sur les mutations 2023-2025 dans le pays de Grasse.

Questions fréquentes

On vous répond

Mon DPE va-t-il se mettre à jour automatiquement ?

Non. Un DPE existant reste valide jusqu'à sa date d'expiration (10 ans). Si vous souhaitez bénéficier du nouveau coefficient 1,9, vous devez commander un nouveau diagnostic auprès d'un diagnostiqueur certifié. C'est particulièrement pertinent si votre bien est classé F ou G et chauffé à l'électricité : le nouveau DPE pourrait améliorer votre note de une à deux lettres.

Combien coûte un nouveau DPE en 2026 ?

Entre 150 et 250 € pour un appartement, 200 à 350 € pour une maison, selon la surface et la complexité du bien. Chez Mas Terra Immobilier, nous vous orientons vers des diagnostiqueurs certifiés du pays de Grasse avec des tarifs négociés.

Je veux vendre mon bien classé G : est-ce encore possible ?

Oui, la vente d'un bien classé G reste tout à fait possible. L'interdiction ne concerne que la mise en location. En revanche, prévoyez une négociation plus serrée : les acheteurs déduiront le coût estimé des travaux de rénovation énergétique. Anticiper un audit énergétique et chiffrer les travaux vous met en position de force.

Mon bien est classé F, à partir de quand ne pourrai-je plus le louer ?

Les logements classés F seront interdits à la location à compter du 1er janvier 2028. Si vous louez actuellement un bien F, vous avez jusqu'à cette date pour réaliser les travaux nécessaires ou envisager une vente. Les logements E suivront en 2034.

Peut-on cumuler MaPrimeRénov' et le PTZ pour financer les travaux ?

Ce sont deux dispositifs différents. MaPrimeRénov' finance les travaux de rénovation énergétique (isolation, chauffage, ventilation). Le PTZ est un prêt pour l'acquisition d'un logement. En revanche, un acheteur peut utiliser le PTZ pour acheter un bien ancien avec travaux et mobiliser MaPrimeRénov' pour financer la partie rénovation énergétique.

Quand faut-il vendre un bien énergivore : maintenant ou après travaux ?

Si vous avez le budget et le temps, rénover avant de vendre peut augmenter significativement le prix de vente (passage de F à D = +10 à 15 % de valeur). Si vous n'avez ni le budget ni l'envie de gérer un chantier, vendez en l'état en positionnant le prix pour intégrer le coût des travaux. Les investisseurs et bricoleurs sont friands de ce type d'opportunités.

Mon bien est en secteur ABF à Grasse, puis-je faire une isolation par l'extérieur ?

Le centre historique de Grasse est classé Site Patrimonial Remarquable (SPR). Toute intervention visible depuis l'espace public est soumise à l'avis de l'Architecte des Bâtiments de France. L'isolation par l'extérieur (ITE) sur façade en pierre apparente ou enduit à la chaux est généralement refusée : elle dénature le bâti. Les solutions retenues sont l'isolation par l'intérieur (ITI) avec matériaux respirants (chaux-chanvre, fibre de bois), le remplacement des menuiseries à l'identique (bois, fer forgé), et l'isolation des combles. Nous vous orientons vers un architecte du patrimoine dès la phase projet.

Quels diagnostiqueurs et artisans RGE recommandez-vous dans le pays de Grasse ?

Nous travaillons avec un réseau de diagnostiqueurs certifiés et d'artisans RGE (Reconnu Garant de l'Environnement) basés à Grasse, Peymeinade, Mouans-Sartoux et Le Rouret. Plutôt que de publier une liste figée qui vieillirait vite, nous mettons nos clients en relation directement, avec des tarifs préférentiels négociés depuis 2007. Contactez l'agence pour recevoir 2 à 3 contacts adaptés à votre bien (appartement centre, bastide, villa collines).

Combien coûte réellement une rénovation globale sur une bastide grassoise ?

Pour une bastide de 150 à 200 m² dans le pays de Grasse visant un gain de 2 classes DPE (typiquement F → D), comptez entre 60 000 et 120 000 € de travaux avant aides : isolation combles, remplacement menuiseries, pompe à chaleur air-eau, VMC hygro. Le poste le plus coûteux et le plus imprévisible reste le traitement des murs anciens (chaux-chanvre, doublage respirant) qui peut atteindre 90 €/m² de mur traité. Avec MaPrimeRénov' parcours accompagné + CEE + éco-PTZ, un ménage aux revenus intermédiaires peut voir le reste à charge divisé par deux.

MT

Mas Terra Immobilier

Agence immobilière à Grasse depuis 2007

Depuis 2007, Mas Terra Immobilier accompagne plus de 600 familles dans leurs projets de vente, achat et location dans le pays de Grasse : Grasse, Magagnosc, Plascassier, Le Rouret, Bar-sur-Loup, Châteauneuf, Opio, Peymeinade.

À lire aussi

Newsletter

L'essentiel de l'immobilier grassois, chaque mois.

Un courrier sobre, signé par l'équipe Mas Terra. Les biens rares, les belles adresses, les quartiers à suivre.

Désabonnement en un clic. Pas de spam, jamais.